Abdou Diouf salue le noble combat des trois grandes voix de la Négritude

C’est le conseiller du Secrétaire général de l’Oif, Hamidou Sall, qui a transmis le message d’Abdou Diouf aux participants au colloque d’Aimé Césaire.  Abdou Diouf a salué le noble combat de Senghor, Césaire et Damas, trois grandes voix qui se sont battues  pour que l’histoire de l’Homme ne s’écrive sans l’estampille de la dignité due à une race longtemps bafouée, violentée et humiliée.

« Pour saluer sa traversée glorieuse d’un siècle qu’il a fortement marqué, en accord avec vous et avec votre soutien, la Francophonie a choisi de mettre Aimé Césaire à l’honneur, et avec lui, ses compagnons de route Damas, l’enfant de la terre guyanaise, inoubliable locomotive de la Négritude et Senghor, le frère et ami fondamental, celui-là même qui fut notre illustre prédécesseur à la tête du Sénégal », a écrit Abdou Diouf dans son message.

Pour l’ancien président sénégalais, Aimé Césaire aurait eu 100 ans, et la terre africaine du Sénégal qui est la patrie de celui qui lui a révélé l’Afrique et la nécessité de s’y enraciner s’honore, à l’occasion des ces émouvantes retrouvailles de Dakar, de saluer le noble combat de trois grandes voix qui se sont battues  pour que l’histoire de l’Homme, plus jamais, ne s’écrive sans l’estampille de la dignité due à une race longtemps bafouée, violentée et humiliée.

De l’avis d’Abdou Diouf, ce colloque de Dakar, rencontre du cœur et de l’esprit, de la mémoire et de la fidélité, vient à son heure. Du parrain, Abdou Diouf souligne que « sa rage de défendre l’homme noir et de dénoncer toutes les formes d’aliénation n’a jamais fait perdre de vue, pour qui reste attentif à son message profond, que la cause qui l’anime dépasse sa Martinique natale et même son Afrique ancestrale » : « car ce qu’il a constamment cherché, certes par le détour du nécessaire combat en vue de la réhabilitation de l’homme noir, c’est l’homme, tout l’homme et uniquement l’homme ». Aussi, le patron de l’Oif a profité de cette tribune de Dakar pour rendre hommage au président Senghor, père de la Francophonie, théoricien original qui a mis ses éminentes qualités autant au service de son œuvre qu’à l’édification d’une nation et d’un Etat fondés sur des institutions garantes d’une République laïque, sociale et démocratique.

Pour M. Diouf, Senghor aura été un éclaireur, un précurseur infatigable dont la voix est devenue encore audible en ce siècle de mondialisation plein de potentialités certes mais non encore exempt de risques, de crises, d’égoïsmes et de replis identitaires mortifères pour l’espèce humaine. Abdou Diouf qui a rappelé que tout le monde sait que l’enfant de Martinique est longtemps resté réservé voire hostile à cette idée de la Francophonie a révélé la visite qu’il lui a rendue en mars 2005. « Au terme d’échanges chaleureux et d’un séjour fructueux, quelle ne fut ma satisfaction de l’entendre m’exprimer publiquement son acceptation du dessein et de l’action de la Francophonie », a confié le successeur de Senghor. Il poursuit : « Non sans préciser cependant, comme une condition qui lui permet de garder cette liberté qui lui est chère, qu’il ne donne sa bénédiction qu’à une Francophonie réellement plurielle, suggérant qu’il serait plus approprié de parler des Francophonies que de la Francophonie, si l’on veut traduire fidèlement les réalités, les vécus et les trajectoires des peuples qui la composent ». Abdou Diouf a conclu : « je suis heureux d’avoir été comme un passeur entre ces deux plus-que-frères sur ces questions essentielles qui sont liées à la langue qu’ils avaient en partage et dans laquelle ils ont offert à la postérité des trésors inestimables ».

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