Défénestration du ministre de l’éducation nationale : Comment Amadou Kane a coulé Ibrahima Sall

C’est moins pour des raisons politiques, que des combinaisons financières qu’Ibrahima Sall a quitté le gouvernement. Sur une simple note du trésor, après saisine d’une compagnie bancaire, la Cbao, le trésor public a refusé de virer plus d’une centaine de millions de salaires fictifs dans les banques. C’était entre le mois d’août et d’octobre dernier. Une affaire qui gène au plus haut sommet de l’Etat.

Le désormais ex-ministre de l’éducation n’oubliera pas de sitôt son bref passage dans le monde de l’enseignement. Ibrahima Sall s’est frotté aux exigences de la bonne gouvernance. Depuis que l’Etat, sous Wade, avait exigé la bancarisation aux enseignants, certaines banques ont signé des accords avec le gouvernement pour le paiement des salaires des professeurs. Ce qui avait pour but de mieux contrôler la masse salariale des enseignants et supprimer les emplois fictifs. Depuis, aucun scandale ne s’est signalé. Mais, entre juillet et Août 2012, des pratiques peu orthodoxes se sont invitées dans la gestion de la masse salariale. Le cas concerne les professeurs vacataires et certains professeurs contractuels. L’Etat, depuis Juillet, n’a pas versé aux banques le fameux reliquat qui couvre les trois mois de vacances des vacataires. Pis, les enseignants n’ont rien perçu à la tabaski. Ce n’est que le 29 octobre que le trésor a daigné verser aux banques les sommes dues aux enseignants. Pas la totalité, mais une infime partie car, les services de la Cbao ont décelé de nettes différences entre les états envoyés par les Inspections d’académie et le chèque reçu du trésor.

Plus de cent millions de salaires fictifs

C’est là où se situe le cœur du scandale que l’Etat a voulu étouffer. Un vrai scandale financier que les services du ministère de l’économie et des finances ont relevé, suite à la note envoyée par les banques, dont la Cbao, pour attirer son attention sur le gap entre les états financiers. Il s’agit, en effet, d’un écart de plus de cent millions, un surplus qui aurait atterri dans des comptes fictifs. Une bombe financière que le gouvernement a tenté d’étouffer, en sacrifiant Ibrahima Sall. Alors, l’on se demande s’il y aura une suite judiciaire à cette grave affaire qui a valu au coordonnateur de la coalition Macky 2012 son fauteuil ? Qui sont les auteurs de cette liste de salariés fictifs ?
Pape Amadou Gaye
REWMI QUOTIDIEN

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