Les armes imprimées en 3D, nouvel ennemi de la régulation ?

Au-delà du rejet du projet de loi proposant davantage de contrôles des ventes d’armes aux Etats-Unis – un vote jugé « honteux » par Barack Obama, les partisans d’un contrôle accru ont potentiellement un autre adversaire de taille : le développement d’armes « faites maison », créées à partir d’imprimantes en trois dimensions. Mi-mars, un étudiant de 25 ans en master de droit à l’université du Texas, Cody Wilson, a obtenu du Département de la justice américain une licence autorisant Defense Distributed, une petite société dont il est le fondateur, à fabriquer et à distribuer des armes en plastique à l’aide d’une imprimante 3D, rapportent plusieurs médias américains (ici ou ici).
Le jeune homme a lui-même annoncé la nouvelle sur Facebook, photo de la licence à l’appui. Les commentaires qui accompagnent cette nouvelle suffisent à témoigner du statut de héros dont bénéficie désormais ce jeune anarchiste libéral dans certains cercles aux Etats-Unis : « History is made », « The liberation of the American Patriot », « Congrats at jumping through all their bureaucratic hurdles ». Le magazine Wired le classe ainsi parmi les quinze personnes les plus dangereuses dans le monde, distinction dont il se targue sur sa page Facebook.

En décembre, Defense Distributed a réalisé, filmé et mis en ligne les essais d’un premier prototype. Un fusil AR15, le même modèle qui a servi à la fusillade meurtrière dans l’école de Newton, au cours de laquelle vingt enfants et six adultes avaient été tués le 14 décembre 2012. Le résultat était encore peu probant : seules les parties inférieures de l’arme provenaient d’une imprimante 3D, comme l’explique en détails Defense Distributed sur son blog, et le fusil s’est disloqué après six tirs. La démonstration, néanmoins, a fait son petit effet :

Wilson et ses amis se sont contentés d’imprimer la partie opérationnelle de l’arme, qui comporte la glissière, la détente et le magasin, soit les pièces qui font que l’arme est considérée comme telle par les autorités. Le canon et le chargeur, eux, peuvent être acheté sur Internet, sans restriction d’âge ni contrôle particulier.

Invité sur le plateau de CNN pour conter ses exploits, Cody Wilson a fait part de son intention de créer son premier fusil automatique entièrement conçu grâce à une imprimante 3D d’ici à la fin du mois, seule certaines pièces devant, pour des raisons de résistance à la chaleur, rester en métal. Il projette ensuite d’en distribuer le mode d’emploi sur Internet sous licence open source, afin que chacun puisse répliquer l’engin. Nom du projet : Wiki Weapon.

Après avoir publié un catalogue collaboratif de pièces d’armes, son entreprise a lancé une campagne de financement participatif pour un moteur de recherche de fichiers d’impression 3D, qui a recueilli plus de 73 000 dollars sur les 100 000 demandés à huit jours de sa fin.

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