Syrie: l’Iran promet de «dures conséquences» en cas d’intervention militaire

Par RFI

La Syrie a prévenu ce dimanche 25 août qu’une intervention américaine embraserait le Moyen-Orient. Même avertissement de l’Iran. Le principal allié de la Syrie dans la région hausse le ton contre les Etats-Unis. Car depuis hier, la communauté internationale accentue sa pression sur Damas et envisage une intervention militaire.

L’Iran, principal allié du régime syrien dans la région, est monté au créneau ce dimanche pour mettre en garde Washington. « Si les Etats-Unis franchissent la ligne rouge en Syrie, il y aura de dures conséquences pour la Maison Blanche », a prévenu le commandant Massoud Jazayeri, adjoint du chef d’état-major des forces armées iraniennes.

Car depuis ce samedi, la pression exercée sur le régime de Bachar el-Assad est à son paroxysme. Bien que les dirigeants de la communauté internationale continuent à réclamer l’ouverture d’une enquête sur les attaques chimiques, l’option d’une intervention militaire se précise de plus en plus. Samedi, les Etats-Unis ont annoncé le déploiement en Méditerranée d’un destroyer supplémentaire, capable de réaliser des frappes chirurgicales avec des missiles de croisières. Dans la foulée, Barack Obama s’est réuni avec son conseil de sécurité, certainement afin d’examiner les options envisageables, avant de s’entretenir avec le Premier ministre britannique David Cameron.

Un responsable du département d’Etat américain a par ailleurs révélé ce samedi que John Kerry s’était entretenu avec son homologue syrien Wallid Mouallem jeudi dernier. Le secrétaire d’Etat lui aurait signifié que « si le régime syrien n’avait rien à cacher, il aurait dû autoriser un accès immédiat et sans entrave au site » de l’attaque perpétrée dans la banlieue de Damas.

Un dernier ultimatum ?

Un appel qui ressemble à un dernier ultimatum. Une réunion de chefs d’état-major est prévue ce lundi en Jordanie selon la presse locale. Des représentants américains, français, britanniques, allemands, turcs et italiens, mais également d’Arabie Saoudite et d’autres pays de la région, sont attendus. Tout indique donc qu’une intervention serait en cour de préparation. Chuck Hagel, le secrétaire à la Défense américain, a d’ailleurs tenu à préciser hier que les forces américaines étaient prêtes à agir contre le régime syrien si nécessaire.

De son côté, Damas dément fermement ses allégations d’utilisation d’armes chimiques et accuse les groupes rebelles liés à al-Qaïda. Les responsables iraniens ont également affirmé ce samedi qu’il y avait des preuves montrant que les groupes sunnites extrémistes étaient à l’origine de ces attaques à l’arme chimique. L’Iran accuse régulièrement les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux et arabes de soutenir les rebelles syriens pour renverser le régime du président Assad et affaiblir ainsi le front de la résistance face à Israël.

Au lendemain de l’arrivée d’une représentante de l’ONU à Damas, le régime syrien a finalement donné son autorisation à l’ONU pour enquêter « immédiatement » sur les accusations d’utilisation d’armes chimiques près de Damas.


La France durcit le ton

Dans un communiqué publié ce dimanche 25 août, François Hollande accuse le régime de Bachar el-Assad d’avoir organisé l’attaque chimique près de Damas. Comme les Occidentaux et certains pays musulmans, la France opte ces derniers jours pour une position de plus de plus en ferme.

Pour François Hollande, des armes chimiques ont été utilisées mercredi 21 août dans les faubourgs de Damas. Et c’est le régime de Bachar el-Assad qui en aurait fait usage, selon les informations recueillies par l’Elysée. Tout laisse à penser que « le régime syrien est responsable de cet acte inqualifiable », a déclaré le président français via un communiqué.

François Hollande s’est entretenu ce dimanche matin avec David Cameron, le Premier ministre britannique. Les deux hommes ont de nouveau condamné l’usage d’armes chimiques, interdites par le droit international. Ils ont appelé Damas à coopérer avec les inspecteurs de l’ONU. Ils sont sur place depuis la semaine dernière mais ils n’ont toujours été autorisés à se rendre sur les lieux de l’attaque de mercredi.

Le président français s’est entretenu aussi avec Kevin Rudd, le Premier ministre australien. Il lui a fait savoir que la France ne laissera pas cet acte impuni, alors que l’Australie présidera le Conseil de sécurité des Nations unies dans deux semaines.

Laurent Fabius avait parlé en premier de « massacre chimique » ce samedi. Le ministre français des Affaires étrangères avait accusé le régime de Bachar el-Assad d’être derrière cette attaque et avait réclamé une « réaction forte », sans préciser laquelle.

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