Youssou Ndour, un Ministre pas comme les autres

Youssou Ndour, ministre du tourisme et des loisirs, a profité de la fête de la musique du 21 juin dernier pour couper court à toutes les rumeurs qui faisaient état d’éventuels conflits d’intérêt. D’aucuns, sans en avoir le moindre détail, avaient du mal à accepter le fait qu’il veuille jouer à Bercy en octobre 2013 tout en étant ministre. D’autres analystes, comme ils définissent, étaient allés plus loin en le traitant de « calculateur » dans l’hypothèse qu’il ne serait plus ministre à la date du 12 octobre, jour du concert de Bercy. Libre donc, il pourra jouer et communier avec ses fans. Eh bien, à croire au ministre, par ailleurs lead vocal du Super Etoile, il n’en est rien.

 

Ce concert n’est ni plus ni moins que le rendez-vous de clôture de la prochaine « Semaine Sénégalaise » que son ministère prépare dans le cadre de la promotion de la destination Sénégal. Il s’agit d’une tournée mondiale lors de laquelle la culture, les spécialités culinaires, les sports nationaux, les offres touristiques, entre autres, seront exposés aux grands publics étrangers. Un message fort du ministre du Tourisme et des loisirs. La démarche sera originale car, à la place des traditionnels salons, forums et autres conférences mondiales, Youssou Ndour opte pour la promotion populaire. Une façon de parler réellement aux vrais interlocuteurs, destinataires des différentes politiques de tourisme et d’identifier les nouvelles demandes des potentiels amoureux du Sénégal dans sa diversité.

 

Il a par ailleurs profité du concert du CICES, concocté par la TFM, pour mettre les choses à plat et dire sa conception du service au Sénégal et aux Sénégalais. Il démontre de fort belle manière que le poste de ministre est juste une fonction. Il reste cependant un professionnel de la musique. Un beau message à ces hommes et femmes qui vivent de la politique. Ils n’ont aucune vision dont ils sont convaincus, encore moins un projet politique pour leur région, leur ville ou village. Au contraire, ils suivent toujours la direction du vent du pouvoir pour profiter au mieux des privilèges que leur offre l’Etat. L’enfant de la Médina met en application ces propos du juge Kéba Mbaye confiait au magazine panafricain « L’autre Afrique » : « Pour l’Afrique, je pense qu’il faudrait dé-professionnaliser la politique. Si j’avais eu le pouvoir de décision, j’aurais commencé par demander aux députés d’avoir un métier. C’est exactement ce que Youssou dit être en train de vivre. Il dit accomplir avec loyauté la mission que lui a confiée Maky Sall. Mais tant qu’il lui restera un moment pour s’adonner à sa passion, il le fera. Il lance d’ailleurs à ses collègues ministres venus assister au concert un message de dédiabolisation du poste de ministre. « Gars yi il faut pas se coincer… ». Un message simple sur la forme, mais plein de signification. Tout comme Youssou Ndour, plusieurs sont les Sénégalais qui se sentent extrêmement loin de leurs ministres, de leurs élus locaux et nationaux qui, une fois aux affaires, se montrent insaisissables par leurs mandataires. Etre au service du pays c’est de partir de ce l’on sait faire de mieux pour s’approprier les bonnes idées autour de nous.

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